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    Au sortir de la guerre, dans le but hautement louable de moderniser l’enseignement scolaire, fut créée la Radio-Télévision scolaire (RTS). Ce service produisit ce qu’on appelle aujourd’hui des « contenus » et les diffusa pendant des décennies sur les ondes de l’ORTF (la seule télé de l’époque), dont il est convenu de se moquer, de nos jours, quand on est un esprit libre. RTS, mais il faut bien retenir que ceux-ci étaient conçus pour l’édification des écoliers.

    En revoyant ces programmes, nous retrouvons non seulement l’ancienne conception de ce qui constituait le savoir mais aussi, à travers elle, le régime auquel les écoliers des années 1950 – 1980 furent soumis. Nous y constatons qu’au contraire des efforts de simplification et de « mise à portée des plus fragiles » où nous embourbons désormais nos gosses, les gens de 1964 trouvaient plus intelligent de parler savamment de choses subtiles (et inversement) et de montrer aux jeunes un exemple que, cinquante ans plus tard, d’aucuns jugeraient écrasant. Il faut croire que les enfants d’alors étaient autrement solides que nos adolescents d’1,90m chaussant du 48 et mangeant comme quatre.

    En abolissant la distance qui nous sépare de leur époque, ces vieux films confortent l’impression plus ou moins diffuse de notre décadence éducative, et éclairent le phénomène d’une façon directe. Nous avons tous fait cette expérience : en voyant un vieux « radio-trottoir » des années 1960, nous y remarquons que les gens « ne parlent pas comme aujourd’hui ». Au-delà de quelques expressions devenues désuètes, en tendant un peu l’oreille, nous nous apercevons qu’ils disposent d’un vocabulaire choisi, d’une syntaxe parfaite, et souvent, qu’ils s’expriment sans hésitation, d’un flux très maîtrisé. Nous sommes souvent étonnés d’entendre comment un boulanger s’exprimait, comme une femme au foyer pouvait parler d’une façon pertinente de ce qu’elle connaissait. Les remarques et les réflexions ne volaient pas toujours bien haut, certes, mais au moins leur expression était parfaite, dénotant une éducation aux fondations solides. C’est cela qui s’est manifestement perdu, qui saute aux oreilles quand on fréquente un peu des jeunes de 2018 : on a beau avoir de l’indulgence pour le genre humain, on a l’impression qu’on n’a jamais été aussi con qu’aujourd’hui. Le vocabulaire est famélique et la syntaxe s’est volatilisée. De là la torpeur intellectuelle qui englue invinciblement chacune de leurs interventions. Couplée avec une prétention à se mêler de tout, reflet de l’influence médiatique et des injonctions citoyennes, cette nullité prêterait à sourire si ses conséquences n’étaient pas si graves : quand un individu ne maîtrise pas sa langue, il est tout préparé pour une carrière de cocu social.
    Blog Beboper

    Quand je sors de ma maison, j'ai envie de dire à tous ces Français de papier : "Vous êtes Français ? vous vivez en France ? Parlez Français. Laissez votre langue d'origine pour les échanges familiaux.

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