• Ces lobbies qui gouvernent nos pantins de gouvernants ...

    Un grumeau dans la soupe

     

    C’est l’obsession de l’industrie agroalimentaire. Nous faire avaler sa soupe les yeux fermés. Pendant six ans, l’Ania (Association nationale des industries agroalimentaires), était à couteaux tirés avec le fameux code couleurs nutritionnel. Une signalétique ultrasimple, apposée sur l’emballage, qui permet au premier coup d’œil de savoir si le produit est une cochonnerie pour la santé. Le 31 octobre dernier, le Nutri-Score, c’est son nom, a enfin vu le jour, mais avec un gros bémol.

     À force de lobbying, l’agroalimentaire a réussi à le rendre facultatif. Mieux, pour bien embrouiller le consommateur, les six géants du secteur – Coca-Cola, Nestlé, Mars, Mondelez, PepsiCo et Unilever – ont concocté un logo à leur sauce. Mais c’était compter sans une initiative citoyenne : Open Food Facts. Une encyclopédie collaborative et gratuite qui décrypte les étiquettes des rayons alimentation des supermarchés. Au grand dam des Big Six, qui ont boycotté le Nutri-Score, il suffit de taper dans la base de données le nom d’un produit pour obtenir instantanément sa note nutritionnelle.

    Et pas seulement : on y apprend, par exemple, à quoi correspond réellement tel ou tel additif. Ce sont les consommateurs eux-mêmes – actuellement 7 000 contributeurs volontaires – qui enrichissent ce Wikipédia anti malbouffe. Après avoir téléchargé l’application sur leur smartphone, ils sont invités, lorsqu’ils remplissent leur Caddie, à photographier les emballages – le recto, les ingrédients sur l’étiquette, les infos nutritionnelles – et à scanner les codes-barres. 420 000 produits ont ainsi déjà été rendus transparents.

    « Tout est fait pour que l’on ne sache pas exactement ce que l’on mange, le type d’additifs, la quantité de sel, de graisses saturées, de sucres, ce qui se cache derrière un additif, l’origine du produit et son lieu de transformation. Notre but est de rendre les étiquettes intelligibles, pour que le consommateur reprenne le contrôle de son assiette », explique Stéphane Gigandet, un ingénieur informatique, ex-employé de Yahoo, à l’origine du projet. Un vrai cauchemar pour l’agroalimentaire, car Open Food Facts a généré un tas d’applications spécialisées.

    « On encourage tout un chacun à exploiter le potentiel de notre base de données. » Ont ainsi vu le jour « Y a-t-il du gluten ? », « Moins de sel », « No palm », « Combien de calories ? »… Ça sert à quoi, que Ania se décarcasse ?

    Le Canard Enchaîné N° 5076 du 7 février 2018
    Altermonde-sans-frontières

     

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