• De l'inutilité de la révolte ?

    Le sentiment tragique de l’inutile

    Par Patrick Mignard

     

    Je ne sais pas vous, mais moi, franchement, je n’ai plus envie d’aller dans les manifs, les rassemblements, de signer des pétitions, d’accompagner des délégations… sans parler d’aller voter. L’âge diront certains !… Je ne le crois pas car mes facultés de révolte et d’indignation, non seulement sont intactes, mais se renforcent avec les ans. Alors ? Docteur, suis-je normal ?

     

    DE DEUX CHOSES, L’UNE

    Ou bien on a tout faux, on s’est trompé depuis le début, tous nos espoirs sont chimériques, nos idées irréalisables et la majorité n’a finalement que ce qu’elle mérite… un système pourri qui nous conduit à la catastrophe, et « on l’aura bien mérité » ! Ou bien nous agissons comme des imbéciles et avons une stratégie totalement inadaptée à la situation. Il est évident que notre attitude ne peut se maintenir ainsi. Les mobilisations fondent au fur et à mesure que les atteintes aux acquis sociaux s’accroissent… Une situation apparemment absurde, et ce ne sont pas les images illusoires de manifestations « traîne-savates », où le folklore l’emporte sur le politique, qui changent, et changeront, quelque chose à la situation.

    L’atteinte aux « acquis sociaux » essentiels, retraites, protection sociale, service public, temps de travail, on a l’impression, et plus que l’impression, que la majorité s’en fout, est résignée… et elle va même jusqu’à mettre au pouvoir celles et ceux qui proclament haut et fort qu’ils vont liquider tous ces soi-disant « privilèges ». (?) Ce ne sont pas, en effet, que les riches qui votent pour les privilégiés du système en place, mais aussi, et même en nombre, les pauvres… La dernière élection présidentielle en dit long sur la décomposition politique et civique de ce que l’on appelle « le peuple ». Cette situation conforte d’ailleurs le système dans sa démagogie : « Regardez, nous dit-il, le peuple quand il s’exprime (par les élections seul moyen d’expression) nous donne raison… alors, quel sens peuvent avoir vos critiques ? »… Et on est bien emmerdé pour répondre, du moins sur ce terrain.

    Pourtant une question de fond demeure : Un peuple de soumis et de résignés est-il encore un « peuple citoyen » ? La persévérance, voire l’abnégation dans des formes de luttes périmées, celles que proposent partis et syndicats, ne sauraient produire une stratégie offensive de changement… si c’était le cas, il y a longtemps que la situation aurait changé.
    http://www.altermonde-sans-frontiere.com/spip.php?article2752

     

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