• J'ai tant pratiqué autrefois ...

    Il est un art noble et précieux qui semble s'acheminer vers sa fin : l'art de la correspondance. Ce qui le rendait si merveilleux et lui conférait une vie si universelle, une richesse si unique était que contrairement à tous les autres, cet art ne restait pas lié aux seuls artistes : il était possible à chacun de donner forme dans les lettres à ses moments d'élan intérieur et d'animation simplement transitoires. On offrait à un ami, à un étranger ce que le jour nous avait donné, un événement, un livre, un sentiment, on le transmettait la main légère, sans la prétention de qui offre un cadeau, sans la dangereuse tension de qui est responsable d'une œuvre d'art.
    C'est ainsi que sont nées par le passé d'innombrables petites merveilles de vérité dans un monde tranquille où la lettre avait encore valeur d'engagement, et le message de personne à personne une force tranquillement évocatrice.
    Lettre à Otto Heuschele
    Salzbourg, le 27 octobre 1924
    Stefan Zweig

    J'ai tant pratiqué autrefois ...


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