• Je n'en démordrai pas ...

    Il faut, après cette pandémie, se recréer un autre avenir en partant de la guerre de 1945 et en y ajoutant juste ce qu'il faut de modernité pour vivre simplement heureux sur une terre saine et en paix ...

    "Qui peut regarder … une poignée de porte, un carton, un sac de légumes… sans l'imaginer grouillant de ces taches invisibles, mort-vivantes, non vivantes… attendant de se fixer à nos poumons ?… Qui parmi nous n'est pas un charlatan épidémiologiste, virologue, statisticien et prophète ? Quel scientifique ou médecin n'appelle pas secrètement un miracle ?

    Quel prêtre n'est pas… secrètement, au moins… soumis à la science ? Le virus a… frappé le plus durement, jusqu'à présent, dans les nations les plus riches et les plus puissantes du monde, arrêtant le moteur du capitalisme…

    Les mandarins qui gèrent cette pandémie (Macron) aiment parler de guerre… Mais si c'était vraiment le cas une guerre, alors qui serait mieux préparé que les États-Unis ? Si ce n'étaient pas des masques et des gants dont ses soldats de première ligne avaient besoin, mais des fusils, des bombes intelligentes ... des avions de chasse et des bombes nucléaires, y aurait-il une pénurie de cela ? ...

    La tragédie est immédiate, réelle, épique et se déroule sous nos yeux. Mais ce n'est pas nouveau. C'est l'épave d'un train qui traîne sur la voie depuis des années… Qu'est-ce qui nous est arrivé ? C’est un virus, oui. En soi, il n'a pas de mémoire morale. Mais c'est certainement plus qu'un virus… Il a mis le puissant à genoux et a mis le monde à l'arrêt comme rien d'autre ne pouvait le faire. Nos esprits font toujours des va-et-vient, aspirant à un retour à la «normalité», essayant de rattacher notre avenir à notre passé et refusant de reconnaître la rupture.

    Mais la rupture existe.

    Et au milieu de ce terrible désespoir, il nous offre une chance de repenser la machine apocalyptique que nous avons construite pour nous-mêmes. Rien de pire qu'un retour à la normalité. Historiquement, les pandémies ont forcé les humains à rompre avec le passé et à imaginer leur monde à nouveau. Celui-ci n'est pas différent. C'est un portail, une passerelle entre un monde et le suivant. Nous pouvons choisir de la parcourir, entraînant derrière nous les carcasses de nos préjugés et de notre haine, notre avarice, nos banques de données et nos idées mortes, nos rivières mortes et nos cieux enfumés. Ou nous pouvons traverser légèrement, avec peu de bagages, prêts à imaginer un autre monde. Et prêt à lutter pour cela.
    Arundhati Roy

     

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