• Les Vinci et C° ...

    Laisse béton !

    Mauvaise nouvelle pour les lombrics et les hérissons. La « taxe béton », qui devait voir le jour pour dissuader les promoteurs de bétonner et d’asphalter à tout berzingue sur les terres agricoles et les espaces naturels, a été discrètement enterrée.

     
    Chaque année, en France, 60 000 hectares, soit l’équivalent du Territoire de Belfort, sont « artificialisés », comme on dit dans le jargon administratif, c’est-à-dire nappés de goudron ou de ciment. Une véritable catastrophe pour la microfaune qui crèche dans les sols et pour les nappes phréatiques. Histoire de freiner ce désastre écologique, Nicolas Hulot, quand il était encore au gouvernement, avait promis de taxer toute nouvelle construction réalisée sur des sols agricoles ou forestiers. Impensable pour l’Union des aménageurs et la Fédération des promoteurs immobiliers, qui ont réussi à convaincre Matignon et notre nouveau ministre de la Transition écologique d’abandonner cette folle idée !

    Pourtant, il s’agissait juste de remplir la feuille de route fixée en 2011 par l’Europe : la « suppression d’ici à 2050 de toute augmentation nette de la surface occupée ». En clair, pour tout espace consommé, un autre doit être « désartificialisé ». Si l’objectif « zéro artificialisation des sols » a bien été inscrit dans une loi en 2016, puis réaffirmé par Hulot dans son plan Biodiversité 2020, aucune date butoir n’a jamais été fixée par le gouvernement. Depuis 2017, les pouvoirs publics disposent pourtant d’un rapport alarmant sur les conséquences de l’artificialisation des sols. Le doc, corédigé par l’Institut National de la Recherche Agronomique (INRA), chiffre à plus 4 millions d’hectares la surface des sols artificialisés en France métropolitaine, ce qui fait plus de 7 % de l’Hexagone imperméabilisé. Avec pour conséquence de moins en moins de terres agricoles, puisque 70 % des constructions et des nouvelles routes se font sur les terres arables. Le béton est dans les prés !

    Dans son rapport, l’INRA préconisait donc de tenir compte, a minima, de la valeur agronomique des sols avant de lancer les bulldozers et les pelleteuses. La France est, derrière l’Allemagne et l’Espagne, le pays qui a le plus perdu de terres agricoles en dix ans. Au rythme actuel, 15 % du territoire sera bétonné en 2050. Fâcheux quand on sait qu’un sol abimé met cent ans à se reconstituer, avec ses vers de terre, ses champignons et ses bactéries.

    Sauf si Macron nous dit que l’on peut réparer en cinq ans ?

    Le Canard Enchaîné N° 5138 du 24 avril 2019
    Altermonde-sans-frontières

     

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