• Ma pauvre France ...

    La France que l’on verrouille et la France que l’on redoute

    À ma droite, la France que l’on tient licou serré : les restaurateurs, entre équerre, double décimètre et compas, tentent de servir les quelques repas « distanciés » autorisés par l’exiguïté de leur salle à manger, qui leur permettront de ne pas boire le bouillon tout à fait. Les écoles rouvrent à dose filée : la classe est scindée, les uns le matin, les autres l’après-midi, et des mesures ubuesques pour empêcher les enfants de se croiser. Une année scolaire flinguée, des lacunes assurées. Les concours et examens sont suspendus ou reportés, de nombreux cours annulés, ou mollement suivis par zoom interposé. Mais qu’importe, puisqu’on nous dit que tout ce qui compte, c’est la santé. Les rassemblements à plus de dix dans l’espace public sont interdits, on vous dit.

    Cette France-là a applaudi docilement les soignants, signé ses auto-autorisations absurdes, acheté des masques qui coûtaient un bras, affiché « sauvez des vies, restez chez vous » sur son profil Facebook et attendu, chaque soir, la parole prophylactique et apocalyptique du bienveillant geôlier, tel un otage de Stockholm zélé, faisant ensuite, avec les médias, l’exégèse méticuleuse des textes officiels pour déterminer ce qui était (encore) permis et ce qui ne l’était plus.

    À ma gauche, l’autre France. Celle dont on doute et que l’on redoute. Et à laquelle, pour cela, on permet à peu près tout et n’importe quoi. Avec, en point d’orgue, mardi soir, une manifestation en hommage à Adama Traoré  promu George Floyd national, rassemblant…20.000 personnes  ! 2.000 fois plus que le nombre théoriquement autorisé. C’est un peu osé. Mais quand on aime – ou que l’on craint -, on ne compte pas.

    N’étant point portée à la désespérance, je vais arrêter là. Convenons, néanmoins, que si la France est guettée par un grave danger, ce n’est pas de Chine qu’il vient mais des États-Unis. Le virus, qui s’étend très vite, s’appelle communautarisme, couve depuis de nombreuses années, et il ne suffira pas de quelques mois, saupoudrés d’un peu de Doliprane™ ou de chloroquine, pour s’en débarrasser.
    https://www.bvoltaire.fr/la-france-que-lon-verrouille-et-la-france-que-lon-redoute/

     

    Ma pauvre Frabce ...

     


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