• Maisons de vieux : SILENCE, ON TUE…

    Marie-Sophie rentre chez elle retrouver ses enfants après une journée éreintante. Elle ne peut s’empêcher de pleurer en conduisant. Marie-Sophie vient de tuer un homme. Pourtant elle l’aimait bien papy Pierrot. Il lui racontait, avec l’œil pétillant de malice, ses aventures autour du monde du temps de sa splendeur. Et il savait raconter papy Pierrot. Marie-Sophie échangeait journellement avec lui des moments riches. Elle a obéi aux ordres, appliqué le protocole, fait son travail comme réclamé, imposé par sa hiérarchie. Marie-Sophie est infirmière dans un EHPAD. C’est elle qui a appuyé sur la seringue…

    Sur le dossier de papy Pierrot, il était écrit « non réanimable ». Autrement dit, en cas de détresse respiratoire, papy Pierrot n’irait pas encombrer l’hôpital. Ceci en application d’un document pour aider les médecins à faire cette sélection : il précise les modalités d’admission en service de réanimation. Parmi les critères figurent l’âge du patient, ses fragilités, ses comorbidités, s’il a par exemple une maladie chronique, son état neurocognitif et la gravité de sa situation. La décision est prise au cas par cas et après concertation entre les médecins. Papy Pierrot a donc eu « droit » au Rivotril. Cette drogue injectable, dont la molécule, le midazolam, est le médicament de première intention pour réaliser une sédation profonde et continue maintenue jusqu’au décès (SPCMD). C’est le bouillon de onze heures, l’outil qui permet de tuer « en douceur », en toute légalité.
    https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/maisons-de-vieux-silence-on-tue-223093

     

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