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    Le 14 octobre, alors que le meurtrier de vient d’avouer, Le Parisien choisit de titrer : « Le mystère Ludovic B. “petit délinquant” et “père de famille ordinaire” » (sic). On sait que le coup du pater familias irréprochable fonctionne du feu de Dieu depuis Simenon et Chabrol. Le notable qui s’installe en charentaises dans le fauteuil crapaud du salon en attendant que Madame, qui vient de mettre le rôti au four et fait réciter la poésie au petit, l’appelle à table alors qu’il vient de violer et assassiner une fillette dans les bois a toujours beaucoup de succès. Ce scénario a alimenté la littérature et la cinématographie des années 60-70, d’abord parce que l’épouvante naît du contraste – le sang sur les murs des maisons bourgeoises est un grand classique des films d’horreur, et c’est, du reste, pour cela que l’affaire Dupont de Ligonnès fascine tant -, ensuite parce que la société péri-68arde raffolait de ce genre de coupable.

    A-t-on si soigneusement effacé la figure du père pour ne plus seulement savoir à quoi il ressemble ? Non, « un père de famille ordinaire » n’est pas un délinquant, même « petit », il n’est pas « connu de la justice pour des affaires de stupéfiants » (Le Parisien), n’a pas été « condamné à une dizaine de reprises pour des délits de droit commun » ( Match), il ne consomme pas de cocaïne. Avoir un enfant de 6 mois ne suffit pas à faire d’un voyou de 25 ans ce « bon père de famille » auquel se référait, jadis, le Code civil. Assassiner une jeune fille de 18 ans, en revanche, mue à coup sûr ce « petit délinquant » en grand criminel. Et c’est bien de cela, et rien que de cela, qu’il s’agit.
    https://www.bvoltaire.fr/non-lassassin-de-victorine-nest-pas-un-pere-de-famille-ordinaire/

     

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