• ô vieillesse ennemie ...

    O vieillesse ennemie, voie de l’avenir ...

    La société française a tort de mépriser ses aînés

    Discriminer les personnes  âgées en les excluant du déconfinement du 11 mai est une idée hallucinante. Il faut au contraire investir sur les vieilles générations méprisées.


    L’idée que 18 millions de personnes, pour l’essentiel des « personnes âgées » auraient pu être discriminées et ne pas faire partie des déconfinés du 11 mai est hallucinante. Heureusement, l’iniquité, pour ne pas dire l’aberration d’une telle perspective a été vite dénoncée par plusieurs personnalités, des pétitions ont été lancées, et la raison a finalement prévalu. Néanmoins, qu’une telle disposition ait pu être envisagée en dit long sur la représentation que la société se fait de ses anciens. Comment donc une telle image s’est-elle constituée ?

    Bourdieu affirmait en 1978 « la jeunesse n’est qu’un mot ». On peut en dire autant de la vieillesse ; d’abord, comme pour la jeunesse, il est bien difficile d’en fixer le seuil ; mais surtout, les situations des personnes âgées sont tellement diverses, tant du point de vue médical que du point de vue social, que plusieurs images de la vieillesse s’opposent.

    La vieillesse méprisée

    La première correspond à une réalité triste et bien connue ; c’est la vision misérabiliste qui domine aujourd’hui en France. Elle se confond avec la notion de dépendance ; c’est celle des pensionnaires des EHPAD. Derrière une façade de proclamations compassionnelles, ou d’affirmations creuses de solidarité, c’est bien de mépris dont est victime cette vieillesse-là, et les conditions honteuses qui lui ont été infligées dans cette crise en sont une démonstration irrécusable.

    Elle est méprisée du fait qu’elle est ravalée à sa seule dimension économique ; autrement dit que l’assistance qui lui est due est réduite à la question de son coût.

    La vieillesse dorée

    La seconde image est celle de la vieillesse dorée. Elle est constituée pour l’essentiel par la génération des baby-boomers, qui  ne sont déjà plus des  « jeunes retraités ». On les qualifie de « séniors » pour éviter le terme « vieux », considéré – on le comprend vu la première image – comme stigmatisant. Cette catégorie-là est sommée d’avoir recours à tout ce que lui propose la société de consommation pour repousser l’indésirable vieillesse ; être vieux est devenu une pathologie, ou plus simplement, une faute de goût. Elle est sous l’emprise des marchés, et constitue la « silver économie », le graal à conquérir, en passe de devenir un secteur moteur du développement.

    La vieillesse engagée

    La troisième vieillesse en fait, n’a pas vraiment d’image claire. Pourtant elle existe. C’est la vieillesse engagée.

    Elle est d’abord une vieillesse citoyenne ; son taux de participation à toutes les élections est plus élevé que la moyenne (voir par exemple les taux de participation par âge aux élections présidentielles de 2017). Elle a bien moins déserté les partis politiques que les plus jeunes ; elle est même très partante quand un nouveau parti tente de se lancer (Nouvelle Donne, Place Publique…). 

    Elle est présente dans les conseils municipaux nettement plus que les autres catégories d’âge.

    L’adhésion aux associations progresse avec l’âge et culmine entre 60 et 75 ans. 48% des présidents d’association sont des retraités. Elle forme le tiers des troupes du bénévolat.
    https://www.causeur.fr/vieillesse-deconfinement-175965

     

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